La première église mérovingienne
Le christianisme s'est répandu anciennement dans la région chartraine. Une légende du Xe siècle parle des saints Savinien et Potentien qui seraient venus déjà au IIe siècle de Sens à Chartres, où ils auraient été martyrisés avec Modeste, une sainte locale. Puis leurs corps à tous les trois aurait été jeté dans le puits des Saints-Forts, soit dans la crypte sous la cathédrale d'aujourd'hui.

Selon une autre légende, les premiers évangélisateurs seraient venus déjà au Ier siècle à Otricum, où la population aurait vénéré une déesse-mère. Mais, cette légende, plus tardive, daterai du XIVe siècle. L'archéologie nous révèle seulement qu'un premier lieu de culte chrétien apparut à Otricum, sur des vestiges antérieurs. Une église a dû y être établie déjà au milieu du IVe siècle, époque où sont attestés les évêques Adventinusse et Valentinusse.

Selon la chronique intitulée "De Vita Sancti Deodati", l'évêque Solemnis participa en 498 à la conversion de Clovis Ier. L'évêque Adventinus II assista au concile d'Orléans en 511. Une église, vouée au culte marial existait donc à Otricum au VIe siècle, sous l'évêques Calétric et Lubin. Celui-ci participa au nouveau concile d'Orléans en 550 et celui de Paris en 555. Son tombeau se trouvait dans l'abside de l'actuelle cathédrale.

Les églises carolingiennes
Cette première église disparut au cours de l'incendie provoquée lors du sac de la ville en 743, par Hunald, duc d'Aquitaine, en rivalité avec les fils de Charles Martel. Pépin le Bref, l'un de ceux-ci, octroya des dons pour reconstruire l'église de Chartres dédiée à la Vierge.

Cette nouvelle église respecta le plan de la précédente, mais avec une nef deux fois plus large, grâce à ses deux bas-côtés. Elle fut détruite à son tour le 12 juin 858 lors d'une incursion des Normands, qui pillèrent et incendièrent la ville. Les habitants se réfugièrent autour de l'église qui servit toujours d'abri lors des catastrophes naturelles et des guerres.

L'église devait être reconstruite après cette nouvelle calamité, mais on manquait de moyens. On utilisa les fondations restantes comme crypte, dite de saint Lubin (martyrium), qui était d'abord sous un choeur rehaussé. On adopta un plan quelque peu modifié, avec deux tours absidiales. Les murs extérieurs êtaient plus épais, la nef plus longue et les piliers massifs rectangulaires. Cinq ouvertures dans l'abside seront sans doute bouchées au XIe siècle.

En 876, Charles le Chauve, petit-fils de Charlemagne, lui fit don d'une relique, la Sainte Chemise de la Vierge (Sancta Camisia) qui avait été envoyée en présent par Irène, impératrice de Byzance à Charlemagne. Bien que ne datant que du VIIIe siècle, cette relique n'en atttira pas moins désormais, les pèlerins en très grand nombre au cours des siècles suivants.

En 911, la ville fut sauvée du Normand Rollon par le miracle de cette Sainte Chemise, portée par les habitants dans une procession dirigée par l'évêque Gantelme.

La cathédrale romane de Fulbert

En faite, cinq édifices se succédèrent avant l'actuelle cathédrale. L'église détruite par un incendie dans la nuit du 7 septembre 1020, fut remplacée par une nouvelle, construite à l'initiative de l'évêque Fulbert. Celle-ci obtint l'aide du roi Robert le Pieux et de Guillaume 5, duc d'Aquitaine. Fulbert sollicita aussi les dons de nombreux autres princes, comme Eudes 2, comte de Chartres et de Blois, Richard, duc de Normandie et Cnute, roi du Danemark et d'Angleterre.

Pour la construction de la nouvelle cathédrale, les fondations antérieures furent réutilisées, et le plan général précédent conservé. Les travaux furent confiés à Béranger, qui agrandit la crypte romane, qui est désormais la plus grande de France.

En forme de fer à cheval et longue de 110 mètres, cette cathédrale était considérée comme le sanctuaire de la Vierge noire, Notre-Dame-de-Sous-Terre, avec le puits des Saints-Forts. Elle comprend de grandes galeries qui servaient de dortoir et d'hôpital. Terminée en 1024, cette crypte est encore en place aujourd'hui, grâce à sa voûte en pierre.

L'église de Fulbert était aussi large que la future cathédrale gothique, mais moins longue et plus basse. Grâce à une miniature du XIe siècle, on peut voir qu'elle avait une nef et un bas-côté, trois chapelles absidiales à voûtes en berceau et renforcées par un nouveau mur, une tour nord-ouest et un porche à l'ouest surmonté d'un clocher.

Fulbert ne négligea pas les vitraux dans sa nouvelle cathédrale puisque la partie principale de la Belle Verrière est de cette époque-là. En 1030, un incendie toucha la charpente de la nouvelle cathédrale et la tour nord-ouest. La consécration intervint le 17 octobre 1037, sous l'évêque Thierry, près de dix ans après la mort de Fulbert.

Le 5 septembre 1134, sous l' évêque Geoffroy de Lèves, mort en 1149, un nouvel incendie de la ville détruisit l'hôtel-Dieu, à proximité de la cathédrale, dont quelques parties à l'ouest ont brûlé, notamment le clocher au nord-ouest, mais le reste fut semble-t-il épargné. Sans doute, c'est en utilisant les restes des bâtiments voisins détruits qu'on entama un grand chantier et on rebâtit, plus à l'écart, le nouvel hôtel dieu.

Les deux clochers ouest
Après avoir démoli le clocher et le portail de la cathédrale de Fulbert, on édifia, devant celle-ci, un triple portail à l'ouest, au-dessus duquel, ne se trouvait pas encore la rosace, mais on le surmonta des trois verrières à lancettes. L'arc sur le mur, à l'intérieur, indique jusqu'où s'élevait la cathédrale de Fulbert.

Les moyens manquant, on éleva d'abord une tour sud-ouest, avec son très harmonieux clocher octogonal en pierre, qui est le plus haut connu dans ce style. Une nouvelle tour au nord-ouest fut construite un peu plus tard, et surmontée provisoirement d'un clocher en bois recouvert de plomb et soutenu par des contreforts.

Ces deux tours étaient encore en construction en 1145, lors du passage de Robert de Torigni, prieur de l'abbaye du Bec en Normandie et futur abbé du Mont-Saint-Michel.

Le portail ouest
Les statues-colonnes effilées, de style roman, entourant la porte centrale du portail ouest, furent sculptées, sous l'évêque Goslein de Musy, mort en 1156, par un artiste surnommé le "Maître du Chartres", tandis que celles des portes latérales appartiennent à l'Ecole d'Etampes pour la porte de gauche et à l'Ecole de Saint-Denis pour celle de droite.

Toutes d'une rare élégance et d'une grande finesse, elles s'intégraient plus encore à la structure d'ensemble du portail que les futures statues, d'époque gothique ornant les portails sud et nord. Au-dessus de ces statues-colonnes, et séparés d'elles par une ligne horitonzale, furent ciselés plus de deux-cents personnages.

La nef
De style roman très sobre, elles s'adossaient, à l'intérieur, à un large mur, qu'épaulait une tribune, dont on ne voit plus que des traces, car elle a été supprimée peu après sa construction.

On a ainsi surélevé la nef et les bas-côtés par rapport au niveau du sol des deux tours. A l'intérieur, les chapitaux des colonnes de l'avant-nef vers le sud-ouest, furent décorées de motifs floraux et non plus de détails animaliers comme du côté nord-ouest, pour respecter les impératifs de sobriété de Saint-Bernard.

De même, les piliers de la nef étaient encore de style roman tardif, mais les salles basses à voûtes en croisées d'ogives étaient déjà de style gothique. Mais, par souci de solidité, on ne se permettait guère de grandes ouvertures, dont l'appui ne devait pas être en-dessous des voûtes.

La crypte
La crypte vit s'adjoindre, dans l'abside, des chapelles à voûte en ogives, plus petites que celles de l'église romane précédente. Les grandes galeries qui abritaient dans la crypte de nombreux fidèles et pélerins, furent rallongées jusqu'à la hauteur des deux tours.

Un quatrième incendie frappa la cathédrale, le 10 juin 1194. Seule furent épargnées la crypte et la façade ouest. On craignit que la Sainte Chemise ait disparu et, avec elle, la protection de la Vierge. Mais elle fut retrouvée dans l'ancienne crypte. Des travaux de reconstruction débutèrent à l'initiative de l'évêque Regnault de Moussonn, et du légat du pape, le cardinal Mélior.

Cette fois, l'argent ne manqua pas et la construction fut menée en une trentaine d'années. On déblaya les ruines et on réutilisa les murs de la crypte comme fondation principale. Mais la nouvelle cathédrale était surtout bâtie en énormes pierres provenant, comme tous les matériaux, des carrières de Berchères, à 8 km de Chartres et amenés là par l'effort bénévole des pélerins.

On emprunta son plan en forme de croix latine. La disposition des chapelles, entourant l'abside de la crypte, servit de modèle à l'abside hémisphérique de la nouvelle cathédrale. On s'inspira aussi de l'agencement du déambulatoire et des galeries à voûte d'arête de l'église romane. On put allonger l'édifice, en conservant les deux clochers, le portail ouest et les trois verrières à lancettes, au-dessus.

Philippe Auguste visita la cathédrale en 1210 et fit une donation annuelle pour la construction du portail nord. Vers 1215, la cathédrale semblait assez solide pour résister à l'incendie, aux dires du poète Guillaume Le Breton, chapelain et chroniqueur du roi . L'essentiel fût terminé en 1223, y compris les portails nord et sud.

Une génération seulement suffit donc à la bâtir, temps relativement court, qui contribua à son unité et à son harmonie. Ce pendant, c'est seulement, le 24 octobre 1260 que Saint Louis assista à la consécration de la la nouvelle cathédrale de l'Assomption Notre-Dame. A cette occasion, il lui fit don d'un jubé. D'autres dons affluèrent de divers princes d'Europe, comme Richard Coeur de Lion d'Angleterre ou Ferdinand III de Castille.

Le nouveau choeur fut achevé en 1221.

La nef et la voûte
Les piliers du XIIe siècle. furent remplacés par de nouvelles piles cantonnées, composées de quatre colonnes engagées en forme de cylindres et de polygones. Celles-ci furent disposées en arcades d'arcs brisés, coiffées d'un triforium à mi-hauteur entre le sol et le sommet des voûtes du vaisseau central. Ce triforium composé de fines colonades d'ouvrait sur une claire-voie constituée de verrières à deux lancettes couronnée d'une rosace.

A la technique de la voûte divisée en six parties, on substitua des croisements d'arcs-douleaux et d'ogives, avec, aux intersections, des clefs de voûte rondes, recouvertes de dorure. La poussée de la voûte était contenue, de l'extérieur, de chaque côté de la nef, par des arcs-boutants. Ces derniers étaient renforcés autour du choeur par une double rangée, et, au-dessus de la toiture, par des contreforts.

Le transept
On agrandit le transept, à l'est, en abandonnant l'idée d'un plan initial en fer à cheval pour un autre en croix latine. La croisée du transept fut entourée de quatre grands piliers, composés d'élégantes colonnes engagées qui soutenaient une voûte maintenue également par celle de la nef. Les plus hautes des extrémités du transept nord furent achevées au début des années 1230.

Les clochers
Le clocher nord était constitué d'une base en pierre, simplement surmontée d'un beffroi en bois recouvert de plomb.

Les tourelles
Deux petites tourelles, surmontées d'une toiture basse entourèrent la rose des porches nord et sud ouverts sur leurs trois faces comme le portail ouest. Les deux tourelles du portail sud furent surmontées de toitures éfilées. Huit tourelles au total renforcèrent l'impression générale de verticalité.

Les vitraux
Une impression de légéreté se dégageait de l'ensemble grâce aux ouvertures qui apportaient une luminosité sans précédent à l'édifice et dont on tira le meilleur parti grâce aux nombreux vitraux. Les cent-cinquante lancettes, les trois roses et les oculi des vitraux de Chartres, figurent quelques 5000 personnages.

Blanche de Castille fit don à la cathédrale de la rose et des lancettes nord et, plus tard, Pierre Mauclerc, comte de Dreux et duc de Bretagne, de la rose et des lancette sud. Certains vitraux du choeur et du déambulatoire furent des dons du comte de Chartres, Thibaut 6 . Quarante-trois vitraux furent offerts par toutes sortes de corporations de marchands qui sont représentées, avec leurs effigies, dans les médaillons.

Le labyrinthe
Un labyrinthe de 13 mètres de diamètre, 40 mètres de circonférence et de 261 mètres de longueur du chemin fut tracé sur le sol de la nef, alternant des dalles en pierre calcaire et en marbre noir. Lors des pélerinages, on cheminait sur ce dédale à genoux. La plaque de bronze placée au centre sera retirée pendant la Révolution.

Les statues
Plus de 1800 statues contribuèrent à la richesse du plus grand ensemble iconographique du Moyen-Age. Au-dessus de la rose du portail ouest, le mur pignon de la nef se vit surmonter d'une galerie de seize statues de rois dans les ébrasements, ce qui valut désormais à cette façade le nom de portail Royal. Tout en haut, dans le couronnemenat triangulaire du mur pignon, trôna une statue de la Vierge La conception de cet ensemble en serait dûe au chancelier Thierry de Chartres.

D'innombrables statues de saints et de rois ornèrent respectivement les piliers des portails nord et sud pour répondre aux statues-colonnes effilées du portal ouest. Les culées des contreforts furent aménagées de niches abritant les statues des évêques. Murs, colonnes et chapitaux furent recouvertes de fresques, dont on décèle encore, ça et là, les vestiges.

La sacristie
Au milieu du XIIIe siècle, on adjoignit, au nord, une sacristie de forme carrée, qui s'ouvrait sur le bâtiment de l'évêché.

La chapelle Saint-Piat
Aux sept chapelles absuidiales du XIIIe siècle, vint s'ajouter la chapelle Saint-Piat construite de 1324 à 1353. De forme rectangulaire, elle était flanquée, à l'extérieur, de deux tours rondes servant de prison et où on conservait également les archives épiscopales. D'abord à l'écart de la cathédrale, à l'extrémité sud-est de son chevet, elle y fut reliée par la suite.

C'était un lieu de pélerinage particulier où on venait rendre hommage aux reliques d'un saint local inhumé dans un village situé à une dizaine de km de Chartres et qui porte son nom. Au rez-de-chaussée, se trouvait la salle capitulaire.

Celle à l'étage, achevée en 1325 et desservie par un bel escalier contruit dans les années 1350, était la chapelle privée de l'évêque qui pouvait venir y prier directement depuis l'évêché. Cette salle, au niveau supérieur, abrite aujourd'hui le trésor, où sont préservés notamment la Sainte Chemise et quelques fragments du jubé de Saint-Louis après sa destruction.

La chapelle Vendôme
Eclairée par une grande verrière de style gothique flamboyant et ornée de statues de la même époque, a été construite par Geoffroy Sylvestre en 1417 dans la nef sud, entre deux contreforts. Elle doit son nom au comte de Vendôme, Louis de Bourbon, vidame de Chartres, qui en fit don à la cathédrale par un voeu, pour être libéré de sa captivité.

La Renaissance

Le "clocher Neuf"
La cathédrale ne connut guère de modifications importantes jusqu'en 1506. Le 26 juillet 1506, le clocher nord, fut détruit par la foudre. Par décision des chanoines, et grâce à la générosité des nombreux donateurs, notamment Louis XII et le cardinal Georges d'Amboise, légat du Pape, il fut construit entièrement en pierre dans le style gothique flamboyant. La réalisation de ce "clocher Neuf" fut confiée au maître maçon Jean Texier, dit Jéhan de Beauce. Ce dernier, peut-être originaire du Maine et exerçant à Vendôme, entreprit les travaux en 1506 et les acheva à la fin de l'année 1513.

La clôture du choeur
Dès 1514, il débuta un autre chantier, celui de la construction de la clôture du chœur, et y travailla jusqu'à sa mort en 1529. La frise de ce tour du choeur, comprenant 41 scènes, fut ciselée, dès 1519, par le "maître imagier" Jehan Soulas et, après lui, par d'autres sculpteurs pendant deux-cents ans.

La Vierge du Pilier
De cette époque date aussi, à l'entrée du choeur, la statue en bois de poirier et peinte, représentant la Vierge du Pilier, habillée, selon une coutume locale, d'une ample mantille dorée.

Le pavillon de l'Horloge
Jéhan de Beauce érigea encore en 1520 le pavillon de l'Horloge, situé au pied du clocher nord, orné également par Jéhan Soulas, notamment avec ses pilastres.

Les travaux furent interrompus entre 1535 et 1542 à cause de la peste et la guerre. Avant cette date, des aménagements, parfois provisoires, furent apportés, comme pour la construction d'une tribune en bois devant servir au sacre d'Henri IV qui eut lieu à Chartres le 27 février 1594.

Le classicisme
L'ensemble fut peu modifié au XVIIe siècle. Les travaux de décoration reprirent à partir de 1610, pour être enfin terminés en 1727. Au XVIIIe s., les voûtes de la crypte furent refaites. Le clocher neuf de la cathédrale fut restauré en 1629 par le sculpteur lyonnais Claude Augé, mais sept autres clochers autour du choeur restèrent inachevés.

En septembre 1723, cinq nouvelles cloches furent installées, une fois bénies solennellement par l'évêque Mérinville. En 1753, par décision du chapitre de la cathédrale, huit vitraux du choeur et quatre du transept, datant tous du XIIIe siècle furent remplacés par un simple vitrage pour accroître la luminosité. De plus, par souci d'économie, le jubé de Saint-Louis, au lieu d'être restauré, fut tout simplement détruit en 1763, et remplacé en 1767 par une grille en fer forgé dessinée par l'architecte Victor Louis, et les bas-reliefs du jubé servirent à réparer les dalles du sol.

Un rétable, dû au sculpteur Charles-Antoine Bridan et représentant l'Assomption de la Vierge, fut construit dans le maître-autel baroque de 1767 à 1773. Laissé inachevé en 1776, ce décor fut repris et terminé par des bas-reliefs à la veiile de la Révolution, de 1786 à 1789. Le mobilier fut aussi modifié au XVIIIe s.

La révolution
La Révolution vit surtout les bouleversements du culte: en octobre 1790 le chapitre fut destitué, et le décret du 2 novembre 1790 priva le clergé de ses biens et revenus. Lieu de pèlerinage et église servant aux chanoines et à l'évêque, la cathédrale n'était pas, avant la Révolution, une véritable paroisse, mais en 1791, elle devint la seule paroisse de la ville. Fermée le 9 frimaire an II (15 novembre 1793) et interdite au culte, la cathédrale devint un temple de la Raison et en 1794, celui de l'Être suprême. L'Assomption de la Vierge, sculptée par Bridan, symbolisant désormais la Patrie. Un nouveau clergé assermenté fut établi le 20 décembre 1793.

Sous la Terreur, la cathédrale subit des dommages, mais l'ensemble fut maintenu. Des statues du pportail sud furent cassées, on arracha le plomb de la couverture pour fabriquer des balles, le trésor fut saccagé et livré au pillage et la statue de Notre-Dame-de-Sous-Terre, objet de la dévotion générale, livrée aux flammes. On décida de détruire toutes les sculptures et même tout l'édifice.

Après Thermidor, la cathédrale fut sauvée par la résistance des habitants et les efforts de l'architecte Laurent Morin. Celui-ci orna même les chapelles absidiales, et en créa deux autres sur le mur est des bras du transept. Finalement, le Directoire rendit la cathédrale au culte en 1795 et le Consulat en répara le toit en 1797. La messe y fut célébrée en 1800, à l'occasion de la fête de l'Assomption de la Vierge. A partir du Concordat, en 1801, l'Etat devenait propriétaire en titre de la cathédrale.

Les XIXe et XXe siècles
En 1836, un incendie accidentel détruisit la charpente en bois , dite "forêt", au-dessus de la nef, ainsi que les couvertures en plomb, le choeur et le transept, mais sans toucher les voûtes en pierre. De 1836 à 1841, Louis-Philippe chargea l'architecte Édouard Baron de construisire une charpente incombustible en fer et en fonte avec une couverture en cuivre.

Les frais, couverts par l'Etat, provenaient aussi en partie, des fonds récueillis par l'évêque Clausels de Montals. Les restaurations ultérieures concernèrent notamment les clochers, d'abord en 1848 sous l'égide de l'architecte Jean-Baptiste Lassus. La grille qui avait remplacé le jubé au XVIIIe s. fut déposée à son tour en 1866.

Une autre réfection des clochers intervint en 1903-1904. A la même époque, le niveau inférieur de la chapelle Saint-Piat servit de caveau aux évêques. Charles Péguy, reprenant la tradition du pélerinage, vint à pied de Paris à Chartres en 1912. En 1917, pendant la première guerre mondiale, on démonta les vitraux pour les protéger, puis à nouveau au début du second conflit mondial.

En juin 1940, la crypte servit provisoirement de lieu pour accueillir la masse des réfugiés de l'exode, même si le préfet Jean Moulin se lamentait de l'état de "puanteur" de cet abri. Cependant, la cathédrale souffrit peu des bombardements, si ce n'est le clocher nord touché en 1945 et qui fut réparé dans les années 1950.

Le programme de restauration depuis 1968, les fouilles archéologiques qui ont été effectuées à cette occasion et la reprise de la vogue du pélerinage redonnèrent un nouvel élan à cathédrale. La crypte fut restaurée en 1976, puis ce fut le tour du clocher de Jéhan deBeauce entre 1978 et 1984. La cathédrale de Chartres a été inscrite en 1979 par l'Unesco sur la liste des monuments du patrimoine mondial de l'Humanité.

En 1994, fut célébré le huit-centenaire de la construction de l'édifice gothique. En en1998, une nouvelle charpente métallique, en direction du choeur, fut reconstruite sur le modèle de celle de 1841. On a également restauré les vitraux, les porches nord et sud, les statues, la chapelle Saint-Piat, la toiture des bas-côtés de la nef, etc. Le millénaire de Fulbert en 2006 est l'occasion d'un ensemble de manifestations culturelles à l'échelle nationale

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